Mini et moi
21 – 24 mois

“ Non ! Mais…”

Entre 18 et 24 mois, la période des comportements agressifs est combinée avec celle de l’autonomie. Il va donc falloir faire en sorte que ces deux périodes, nécessaires au développement de Mini, cohabitent le plus sereinement possible. L’objectif sera donc de poser des limites à Mini tout en lui permettant de découvrir son autonomie.

 

De l’importance des limites

Nous vous avons expliqué l’importance de poser des limites et de définir un cadre à votre Mini dans cet article:  Fais pas ci, fais pas ça. Cela est nécessaire pour son développement personnel et pour la construction de son lien avec la société. Mais il n’est pas toujours évident de poser des limites à Mini. Notre article Dis-moi comment dire « non »! vous y aidera.  Cependant, il arrive un âge où le challenge prend une autre ampleur ! Voici nos conseils pour poser des limites sans entraver ce besoin d’explorer et de faire seul.

 

Allier limites et autonomie

Poser des limites à Mini ne signifie pas lui dire « non » à chaque intention qu’il peut avoir. Pour ne pas le frustrer en permanence, on peut faire en sorte qu’il mette en application l’autonomie, qu’il acquiert progressivement, en posant quelques règles simples. En parallèle, il est important d’adapter la maison en fonction de lui. Par exemple, mettez les objets fragiles en lieu sûr et laissez-le ainsi explorer sans avoir peur qu’il casse quelque chose. Car, sachez que la frustration seule n’apprend pas l’obéissance.

À cet âge, Mini veut souvent « faire seul ». Donnez-lui alors les moyens de faire les choses par lui-même et de contrôler la situation mais dans un cadre que vous posez. Par exemple, s’il lui est interdit de traverser seul la route, vous pouvez lui dire qu’il peut, en vous donnant la main, donner le signal lorsque vous pouvez traverser.

Mini ne sait pas réguler ses émotions. Les limites qu’on lui impose concernant son agressivité doivent donc être accompagnées d’une alternative. Par exemple, lorsque votre Mini vous tape, vous pouvez lui dire « il est interdit de taper maman/papa/une personne. Maman aussi n’a pas le droit de taper quelqu’un. En revanche, je vois que tu as besoin de te défouler/ que tu es en colère, alors tu as le droit de taper dans ton ballon ! ».

 

Pour aller plus loin ...

 

Si Mini est en train de faire une bêtise ou de se mettre en danger, adressez-lui une demande : « pose ce couteau », et laissez-lui un temps de réflexion pour qu’il puisse exercer son autonomie et répondre à votre demande sans que vous fassiez usage de la force (lui enlever le couteau des mains). Renouvelez votre demande si besoin et attendez que Mini pose l’objet. Vous pouvez ensuite féliciter Mini d’avoir obtempéré et lui expliquer pourquoi vous lui avez demandé cela, puis, une fois la limite posée, la faire suivre d’une autorisation  : « tu peux utiliser ce petit couteau qui est spécialement pour toi car tu ne risques pas de te faire mal avec ».

En conclusion, limiter le champ d’action de Mini ne veut pas dire le réduire à néant, il est donc important d’adapter son environnement pour qu’il puisse l’explorer en sécurité, et de garder en tête que l’autorité c’est coupler des interdits avec des autorisations. Ces alternatives sont le début de l’apprentissage de la souplesse psychique : « je ne peux pas faire ça comme ça, mais je peux m’y prendre comme ça ».

 

Jeanne RIBIERRE – Psychologue spécialisée en périnatalité

www.jeanneribierre.fr

 

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